Une relation dangereuse, Douglas Kennedy

Publié le par chezdjule.over-blog.com

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J’ai terminé mes vacances la semaine dernière avec un livre de Douglas Kennedy. Je n’avais encore jamais lu de roman de cet auteur dont j’ai pourtant beaucoup entendu parler.

Je ne peux donc pas comparer avec les autres romans de l’auteur et je me contenterai de juger ce livre pour lui-même.

 

« En mission au Moyen-Orient, Sally rencontre Tony. Elle est reporter au Boston Post, il est journaliste au Chronicle. Elle est pétillante, il est charmeur. Elle est célibataire, lui aussi. Ce qui doit arriver arrive : coup de foudre. Mais Sally ignore que le rêve va virer au cauchemar. Et que le pire viendra de celui qu'elle pensait pourtant bien connaître, son mari... »

 

La première partie de l’intrigue dans laquelle se noue la relation entre Tony et Sally souffre parfois de quelques longueurs. Les personnages, journalistes intrépides sur le terrain, cultivent une conception de l’amour qui confine souvent au cabotinage. La surenchère d’esprit dont ils font preuve assure certes au lecteur quelques bons mots mais condamne le récit à une certaine froideur.

Mais Douglas Kennedy a le bon ton de sortir ses deux reporters de la virtuosité dans laquelle ils se complaisaient pour les immerger dans les méandres de la vie quotidienne, « normale » certes mais ô combien cruelle.

 

L’installation de Tony et de Sally à Londres, leur mariage, la grossesse de Sally : tous ces événements qui rythment d’ordinaire une vie de couple surgissent au même instant dans l’existence des deux journalistes qui vont devoir renoncer à leur vie d’aventuriers.

 

Le roman prend, à mon sens, véritablement son envol à partir de ce récit londonien qui décrit les affres d’une jeune américaine qui se heurte à la politesse froide de ses nouveaux compatriotes et aux emportements de son nouveau mari. La grossesse difficile de Sally l’isole et elle va peu à peu s’enfoncer dans une solitude que l’arrivée de son enfant va paradoxalement accentuer.

Le génie de Douglas Kennedy est d’avoir choisi le point de vue de Sally dans son roman. Le romancier se glisse avec délicatesse et émotion dans la peau de son héroïne et il décrit avec sensibilité des thématiques pourtant féminines telles que la dépression post-natale ou encore l’angoisse de la maternité.

 

La descente aux enfers de Sally est saisissante et Douglas Kennedy ne ménage à son répit ni à son héroïne ni à son lecteur. Si je lisais ce roman en dilettante au cours des premiers chapitres, j’ai alors été littéralement attrapée le récit mené tambour battant par un auteur qui s’efface derrière la souffrance viscérale de son personnage.

 

Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue en elle-même car une des grandes qualités d’Une relation dangereuse est la rigueur avec laquelle le récit est construit. Elle donne toute son ampleur à la violence de l’histoire qui ne verse pourtant jamais dans la complaisance ou le sordide.

Et je vous recommande, vous l’aurez compris, la lecture de ce roman percutant en attendant de découvrir les autres livres de Douglas Kennedy. 

Publié dans Voyage en littérature

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Billiejane 07/03/2010 20:46


Personnellement Douglas Kennedy m'ennuie et j'ai eu beaucoup de mal à finir Les Charmes discrets de la vie conjugale. Par contre, Cul-de-sac, le seul polar de type "survival" (pour emprunter un
terme de geek de cinéma)est captivant. Pour résumer rapidement : un journaliste américain tombe en panne en plein outback australien. Là, il cède aux avances d' Angie, jeune fille issue d'un
village de redneck consanguins...le cauchemar commence. C'est haletant et drôle à la fois!


chezdjule.over-blog.com 07/03/2010 22:07


Une relation dangereuse est le premier roman de Kennedy que je lis mais je sais que certains de ses livres ( Une femme du Vème je crois) sont plus controversés. Je note la
référence pour une prochaine lecture de cet auteur: l'accroche est prometteuse!


Douvillez 01/03/2010 19:21


Je sais ce qu'il me reste a faire,direction gibert et je l'achete


lounapil 01/03/2010 16:53


J'avais très envie de le lire mais j'attends qu'il sorte en poche. Je pensais que Kennedy équivalait à du Musso ou du Lévy mais en fait pas du tout!!


chezdjule.over-blog.com 01/03/2010 17:07


Ah non, ce n'est pas du tout le même style! C'est bien plus ancré dans la réalité, l'analyse psychologique est rigoureuse et le récit bien plus cruel (et donc vrai!) que Musso ou Lévy.
D'ailleurs, ce n'est pas très constructif comme remarque, mais Musso je ne peux vraiment pas!


Liline 01/03/2010 00:11


pourquoi pas...;-)


chezdjule.over-blog.com 01/03/2010 10:31


Le livre est vraiment bien mais par contre il ne faut pas du tout être dans ces préoccupations de vie sinon je pense qu'il peut être véritablement anxiogène.