Malevil

Publié le par djule

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Mon beau-frère, lecteur prolixe également, m'a laissé lors de son dernier passage à la maison un livre de poche qui l'avait emballé: Malevilde Robert Merle.

 

J'ai déjà lu pas mal de livres de cet auteur qui m'ont tous, pour des raisons diverses, « accrochés ». L'élégance du style et la richesse de l'imagination de Robert Merle ne sont plus à prouver et sa profonde humanité donne à tous ses ouvrages cette tonalité si particulière.

 

Malevil n'échappe pas à la règle. Lu une journée, je n'ai pu le lâcher une fois la première page entamée.

 

Emmanuel Comte, propriétaire de Malevil, château médiéval, met en bouteille son vin avec ses amis lorsqu'une bombe propre, comprenez sans radioactivité, explose et détruit apparemment toute vie humaine et animale sur terre. Emmanuel et ses amis survivent, protégés par la profondeur des murs de la cave et à la falaise à laquelle le château est adossé.

 

Ce groupe de survivants, composés d'identités fortes et différentes telles que Meyssonnier le communiste athée, Thomas le géologue de la ville, la Menou, ménine frêle mais énergique qui couve rageusement son fils de quarante-neuf ans Momo, mesure rapidement l'étendue de la catastrophe.

Ces hommes déboussolés et perdus dans ce monde d'après apocalypse vont devoir organiser leur survie dans ce monde dévasté qui laisse peu de place à l'espoir.

Et pourtant un embryon de vie sociale émerge des cendres de la bombe.


Les survivants rassemblent leurs réserves dans la cave, soignent les quelques animaux domestiques encore vivants, s'arment et se répartissent les rôles dans cette nouvelle organisation communautaire.


Hormis quelques querelles aisement réglées, la vie se reconstruit sans trop de heurts.

Mais les vrais ennuis surviennent avec l'apparition conjuguée de bandes de pillards et d'un faux prêtre fanatique et mégalomane dans le village voisin.


Emmanuel et sa nouvelle communauté vont devoir faire face à des dangers issus à la fois de la rudesse du moyen âge et la folie industrielle et fanatique de notre siècle.

Un mélange étonnant et surréaliste (au sens premier du terme) qui donne une coloration réaliste à ce roman d'anticipation.


On retrouve dans ce roman quelques traits caractéristiques de l'écriture de Robert Merle. Le personnage d'Emmanuel Comte n'est pas sans faire penser aux figures paternelles, faites de droiture et de noblesse naturelle, de la série Fortune de France.

Malevilm'a également fait penser à Ravage de Barjavel, autre roman d'anticipation écrit peu ou prou à la même époque.

 

Le roman a été adapté au cinéma avec Michel Serrault, Jacques Dutronc et Jacques Villeret mais a été désavoué par Robert Merle dès sa sortie.

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Publié dans Chez les Franchies

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Grimmy 18/07/2010 23:33


Je ne connais pas ce roman de Robert Merle,mais l'ajoute à ma petite liste. J'avais bien apprécié sa plume dans La Mort est mon métier.


zorane 18/07/2010 11:00


Je n'ai encore rien lu de cet auteur. Ce titre m'intrigue je le note


djule 18/07/2010 13:39



Je te le conseille vraiment, le livre tout comme l'auteur!