Les Hirondelles de Kaboul

Publié le par djule

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Un travail de rédaction m'a récemment conduit à faire des recherches sur la guerre en Irak, la situation de Bagdad et les conditions de vie de ses habitants.

 

Pour comparer plusieurs traitement de l'Histoire par les romanciers, j'ai décidé de relire un ancien roman de Yasmina Khadra, les Hirondelles de Kaboul.

Même époque, même fanatisme, même peur mais écriture différente de l'auteur sur lequel je travaillais alors.

 

En résumé:

Dans un Kaboulcaniculaire, parmi les ruines du désastre et celles des esprits, deux hommes et deux femmes cherchent un sens à leur vie : un bourgeois déchu, une avocate interdite d'exercer, un geôlier s'amenuisant à l'ombre des exécutions publiques et une épouse aux prises avec une maladie incurable.

A travers leur quête de la dignité humaine, le martyre d'une nation traumatisée par les guerres et la folie, livrée aux sortilèges des gourous et à la tyrannie des talibans.

Et pourtant, là où la raison semble perdue, l'amour refuse de céder et se réclame du miracle. Mais qu'est-ce que le miracle dans un pays où "les liesses sont aussi atroces que les lynchages" ?



En émotion:

Yasmina Khadra exploite à nouveau le principe des destins croisés en introduisant une légère variation sur laquelle repose justement toute la beauté du roman. Les quatre personnages ne vont pas faire que se croiser mais se réunir d'une manière qui prend le contre-pied de nos attentes de lecteur.

C'est cela le style Yasmina Khadra: trouver le contrepoint, déceler la rêverie, décevoir volontairement les attentes pour rendre son histoire plus vivante, plus violente.

Et violente, l'histoire l'est. Le roman s'ouvre sur une lapidation et se termine presque dans un bain de sang officiel. Le livre peut être difficile à lire dans le sens où il ne fait grâce d'aucune illusion au lecteur.

La fin un peu théâtrale peut déconcerter nos esprits occidentaux mais il ne faut pas oublier que l'écriture de Yasmina Khadra puise également ses sources dans la littérature arabe, au style plus imagé et hyperbolique.

 

Ce livre, encore une fois (!), met les femmes en valeur, ces hirondelles qui font face à l'horreur et à l'injustice avec plus de courage et de lucidité que leurs hommes. L'une, révoltée face à sa nouvelle condition de femme, l'autre, se sacrifiant pour son mari, ces deux femmes refusent de rendre les armes et sont les notes d'espoir de ce roman.

 

Ce n'est pas le livre que je préfère de cet auteur mais il reste essentiel pour comprendre la démarche d'écriture et de vie du romancier.

Publié dans Voyage en littérature

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sue 30/07/2010 20:13


Tu avais raison, c'est un superbe livre que tu m'as donné à lire (Ce que le jour doit à la nuit). J'ai beaucoup aimé, tellement aimé que je suis repartie à la recherche de livres parlant de
l'Algérie et je relis actuellement La Peste !!!!


Sue 19/07/2010 20:30


§Je cherche à m'initier à la lttérature étrangère, crois-tu que j'aimerai?


djule 19/07/2010 23:51



Franchement je te conseille vraiment Yasmina Khadra d'autant que son style s'est tout de même francisé.Si tu veux, je t'amène celui que j'ai préféré de lui.


Dans la littérature arabe, j'adore aussi L'immeuble Yacoubian. Mais par contre je ne me souviens plus de l'auteur.