Le roman des Jardin

Publié le par chezdjule.over-blog.com

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Je me souviens de la vague de commentaires suscités par la sortir du livre d’Alexandre Jardin en 2005 : Le Roman des Jardin et ne voulant pas rester sur mon impression contrastée à la lecture de Chaque femme est un roman, j’ai décidé de lire l’œuvre par laquelle le scandale était arrivée.

 

Le roman des Jardin est donc celui de la famille, assez extra-ordinaire, de l’auteur. S’y succèdent « le Zubial », le père, lui-même écrivain, de l’auteur, « le Nain jaune », le grand père au passé vichyssois, « l’Arquebuse », la grand-mère sensuelle et fantasque, « Zouzou », la gouvernant pas si tranquille qu’on le pense ou encore « Merlin », l’oncle magicien rêvant de côtoyer les anges.

La famille Jardin ne manque pas de personnages hauts en couleurs, extravagants, lunatiques, irréels, insolites, singuliers…. En un mot, romanesques ! Et Alexandre Jardin promet à Zouzou, interlocuteur privilégié dans le roman, de tout dire sur sa famille, de ne pas jouer avec la réalité, de ne pas truquer la vérité. Les aventures impossibles, à la limite du vraisemblable, que vivent les parents et autres amis de l’auteur posent pourtant la question de la sincérité et de la réalité en littérature.

 

Alexandre Jardin raconte avec un humour distancié les différents épisodes improbables au cours desquels la famille Jardin forge sa propre légende. Il joue avec ses mythes familiaux avec brio et allégresse.

Légende ? Mythe ? Mais Le Roman des Jardin n’est-il pas une œuvre sincère et vraie ?

L’auteur met son lecteur en garde des les premières pages de son roman :

" Tout dans ce livre mérite d’être vrai. Pour évoquer les miens – qui eurent toujours un pied dans la fiction – je ne pouvais écrire qu’un roman. "

Echaudée par ma récente lecture de Chaque femme est un roman, j’ai pris le parti de considérer que les aventures décrites étaient vues et décrites à travers la plume romanesque de l’auteur, évitant ainsi la complaisance voyeuriste que l’auteur voulait justement éviter.

 

Les différentes anecdotes, racontées en autant de petits chapitres, m’ont charmées mais je dois avouer que l’étonnement constant de l’auteur sur sa propre famille, son refus de leur ressembler alors même qu’il exalte leur fantaisie a fini par me lasser. L’auteur se cherche, refuse cet héritage à la fois historique et moral mais décrie avec mépris parfois, la banalité des gens normaux.

L’hésitation d’Alexandre Jardin sur le discours à tenir sur sa propre famille est sensible et c’est dans les moments de doute que la sincérité de l’auteur est la plus grande. Ses interrogations sur son grand-père, ancien dignitaire du régime de Vichy, et son rôle dans la tragique histoire de la déportation donnent une dimension inattendue à cette famille de sensuels et d’extravertis.

 

C’est donc livre agréable à lire, une sorte éducation sentimentale qui intrigue mais qui ne laissera pas, à mon sens, un souvenir impérissable à son lecteur. Le roman des Jardin m’a fait l’effet d’une gourmandise qu’on déguste avec plaisir mais qui risque d’écoeurer si on la consomme avec excès.

Publié dans Chez les Franchies

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Sue 25/02/2010 20:01


Après m'être longtemps posé la question, j'ai la réponse : "je vais lire ce roman!" Merci car maintenant ce n'est plus dix livres que je dois lire mais onze!!!


chezdjule.over-blog.com 25/02/2010 20:04


Ca fait parti du plaisir de la lecture: avoir le luxe de choisir son prochain livre, ne jamais avoir fini d'explorer les différentes parutions.....