Le magasin des suicides, Jean Teulé

Publié le par chezdjule.over-blog.com

En déambulant dans les rayons de ma bibliothèque préférée, j’ai été attirée par une tranche de livre colorée. Un beau jaune vif qui tranche avec tous les autres coloris. Je tends le bras vers mon nouvel objet de convoitise qui va, j’en suis convaincue, apporter un peu de soleil dans ces jours bien ternes.

 

Déçue, je fus ! Le titre de mon nouvel ami, Le Magasin des suicides, m’informe sur mon erreur. Mais il m’en faut plus pour me décourager et je décide de l’emprunter tout de même pour voir de quoi il retourne.

Le contraste entre le thème affiché et la couverture du livre est pour moi une promesse de récit décalé et fantaisiste.

 

le magasin des suiciés

 

 

 

     « Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! », tel est le slogan du magasin de   la famille Tuvache, spécialiste du suicide depuis des générations. Sur les étagères de ce commerce, tout ce qu’il faut pour en finir avec la vie (cordes, poison du jour, rayon frais…). Tout se passe à merveille pour cette sympathique famille de commerçants de mort. Mais c’était sans compter sur l’inexorable optimisme du petit dernier, Alan, qui va mettre en péril le commerce et la vie même de ses parents.

Il est le grain de bonheur qui va enrayer la marche de la mort.

 

 

 

 

 

Le sujet de ce roman est original et décalé ; il est en outre traité sur ton léger et volontairement absurde. Les clins d’œil historiques et culturels enrichissent cette fable futuriste. Tous les membres de la famille Tuvache portent par exemple le nom d’un suicidé célèbre :   

le père porte le nom de l’écrivain japonais Yukio Mishima qui s’est donné la mort au cours d'un seppuku 

le nom de la mère fait référence à la noble Lucrèce, se tuant pour fuir un déshonneur tout relatif

Vincent Van Gogh et Marilyn Monroe donnent leurs noms aux aînés de la famille

 

L’exercice de style est réussi mais l’histoire manque un peu d’épaisseur pour faire de cette idée originale un bon roman. L’intrigue s’essouffle un peu vers la fin et le dénouement ne surprendra pas le lecteur attentif. Le livre reste néanmoins une fable plaisante et agréable à lire qui a le mérite d’insuffler un peu de légèreté à un sujet pour le moins tragique.

Publié dans Chez les Franchies

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Petite Fleur 23/02/2010 19:39


Pourquoi pas ! Une date en avril, le 24 par exemple, te conviendrait ?


chezdjule.over-blog.com 23/02/2010 23:35


Avril c'est très bien pour moi. Je note pour le 24.
Je vais en repérage à la bibli dès demain pour voir si ils l'ont sinon j'investis!


Petite Fleur 22/02/2010 19:07


Pour ma part, j'ai lu "Ô Verlaine" qui m'a moyennement convaincue. Par contre, on m'a chaudement recommandé "Je, François Villon" et "Le Montespan". Le premier est dans ma PAL...


chezdjule.over-blog.com 23/02/2010 13:00


Je pense me lancer prochainement dans Je, François Villon qu'on m'a également recommandé. S'il est dans ta pal et que tu as le temps/l'envie dans les mois à venir, on peut prévoir une
lecture commune si tu veux...


Petite Fleur 20/02/2010 14:23


Je pense que c'est pour ça aussi que ce roman est si court. Il tient du conte plus que du roman d'ailleurs (histoire, personnages, noms propres et impossibilité de dater et localiser exactement
l'action). Et il est bien différent des autres oeuvres de Teulé.


chezdjule.over-blog.com 22/02/2010 16:53


Je ne connais pas les autres oeuvres de Teulé. Un conseil pour me plonger dans l'univers de cet auteur?


Sue 11/02/2010 10:18


c'est indéniable, tu as le verbe du critique littéraire, la syntaxe d'un Pivot et l'art de vendre un livre. Malgré le commentaire final qui me laisse un peu dubitative, une fois que j'ai terminé ce
commentaire, je vais sur le web voir si ce livre est en vente!
Bisous ma bichette