L'autre Dumas de Safy Nebbou

Publié le par chezdjule.over-blog.com

l'autre dumas

 

La date de la sortie du film de Safy Nebbou est inscrite depuis un moment dans mon agenda.

Hier soir, c’était donc ciné !

 

L’un est sanguin, vigoureux, mu par une énergie inépuisable, décidé à jouir des plaisirs de la vie et près à tous les excès. L’autre est timide, discret, effacé, à la limite de l’insignifiance, comprimé par son désir de reconnaissance et près à un dur labeur pour y parvenir.

On ne saurait imaginer un couple plus opposé et pourtant c’est de la collaboration entre Alexandre Dumas et Auguste Maquet que vont naître les grands chefs-d’œuvre de l’écrivain.

 

Alors que leur association (et leur amitié) est à son sommet, Maquet est entraîné malgré lui (au début du moins) dans une aventure amoureuse au cours de laquelle il se fait passer pour son illustre collaborateur. Une fois la supercherie découverte, la confrontation entre les deux hommes se mue en affrontement.

 

Le tandem Gérard Depardieu-Benoît Poelvoorde fonctionne à merveille. Le jeu des comédiens, d’ordinaire habitués à plus d’exubérance, respecte la sobriété de la mise en scène.

Gérard Depardieu, qui avait interprété le Comte de Monte-Cristo dans une autre vie, campe un Dumas puissant et sanguin.

 

Reposant sur un quiproquo initial, l’intrigue ménage de véritables moments de comédie, proche parfois du vaudeville. Mais la détresse intérieure de Maquet ainsi que l’arrière-plan historique confère au film un ton plus cruel. La tragédie (personnelle et historique) perce ainsi sous le feuilleton amoureux.

 

Le film m’a beaucoup plu mais il est évident qu’il ne séduira pas un large public qui pourra peut-être lui reprocher une sobriété toute académique et une construction dramatique très intériorisée.

 

Le véritable intérêt de ce film est la question de l’écriture à deux mains. La réalité du nègre littéraire est complexe et la relation entre les deux hommes ne se limite pas à une collaboration de travail. Entre haine et fascination, entre dépendance et besoin de reconnaissance, entre orgueil et amitié, les deux hommes vont grandir ensemble et aboutir à cette vérité émouvante : « Nous écrivons bien ».

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lounapil 11/02/2010 18:34


Je pense aller le voir demain. C'est officiel: tu seras ma critique ciné perso. Sherlock était super!


chezdjule.over-blog.com 11/02/2010 20:02


Quelle pression tu mets sur mes épaules!
Tant mieux pour Sherlock!