L'armée des ombres

Publié le par djule

 

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En 1943, depuis Londres, Joseph Kessel écrit L’Armée des ombres. Entre fiction et témoignage, dualité dont la remarquable préface explique avec précision les enjeux, L’Armée des ombres est devenu le roman symbole de la Résistance.

 « Tout ce qu’on va lire ici a été vécu par des gens de France » explique Joseph Kessel dès la préface tout en précisant que les faits, les noms, les lieux ont été modifiés afin que ces hommes et ces femmes de combat ne fussent pas reconnus par les forces d’occupation encore présentes et toujours plus actives en France.

Le roman, composé de huit petits chapitres non indépendants mais centrés sur une voix, un personnage ou une action, présent toute une galerie de portraits parfois surprenants, souvent inattendus, toujours dignes d’admiration.

A l’heure où « le héros national, c’est le clandestin, c’est l’homme dans l’illégalité », Joseph Kessel nous fait entrer dans les profondeurs de la France révoltée à travers quelques humanités telles que ce policier qui, obéissant machinalement aux ordres de ses supérieurs, prend conscience au cours d’une arrestation de sa propre trahison, cette mère de six enfants qui devient agent de liaison et se sert de la poussette de son dernier-né pour transporter des explosifs, cette paysanne rude et rêche qui se réveille à la Résistance en hébergeant des officiers anglais, ce parton de la Résistance dont le propre frère a du mal à croire à l’engagement.

 

L’écriture est magnifique de sobriété et laisse une part importante au silence, langage d’autant plus important en ces périodes d’illégalité.

 

Une adaptation du roman de Kessel a été réalisée par Jean-Pierre Melville, ancien résistant également, en 1969. Le film, que je n’ai pas vu, a une excellente réputation et les prestations de Lino Ventura et de Serge Reggiani sont, parait-il, saisissantes de vérité. Mais je pense que le film, aussi bon soit-il, ne dispense pas de la lecture de ce livre qui offre une image réaliste, sans fard ni hyperboles, sur la résistance française.

Il est impérieux de lire ce roman dont l’auteur lui-même, résistant engagé, co-auteur du magnifique Chant des partisans, auteur reconnu par l’Académie française, est le garant le plus grand.

 

Je termine cet article en vous incitant à lire ne serait-ce que la préface de Joseph Kessel que l’on peut comprendre à la fois comme un engagement politique digne et précieux et un traité littéraire profondément réfléchi.

 

 

 

 

Publié dans Chez les Franchies

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Grimmy 01/04/2010 00:10


Il a l'air très beau. Je le note.


djule 01/04/2010 15:10



J'ai commandé le film pour me faire une idée.