Embrassez-moi!

Publié le par chezdjule.over-blog.com

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Pour tromper mon attente, j’ai emprunté un roman de Katherine Pancol que je ne connaissais pas mais dont le titre évocateur m’a attiré dans les rayons de la bibliothèque municipale : Embrassez-moi.

 

Le résumé de la quatrième de couverture promettait un univers à la fois très actuel et fantasque, jouant avec l’espace et le temps et déstabilisant le lecteur à chaque changement de paragraphe.

 

 

 

 

C'est à New York aujourd'hui.
C'est à Rochester dans les années 80.
C'est à Hollywood...
C'est à Paris...
C'est en Tchéquie avant et après la chute du Mur...


Katherine Pancol joue encore dans ce roman avec les focalisations et les points de vue, croisant les destinées de ses personnages dont les histoires s’entremêlent.

 

Nous y côtoyons Angéla, la narratrice, une français en séjour à New York qui court après l’amour et affronte ses souvenirs plus qu’elle ne s’y réfugie, Louise, ancienne star de cinéma, qui dialogue avec Angéla dans une étrange prosopopée qui rythme les sursauts amoureux de l’héroïne, Virgile, un architecte aussi mystérieux que fantasque qui enrobe Angéla de son amour si particulier et enfin Mathias, après lequel on court durant tout le roman et dont l’histoire se révèle au lecteur à mesure que la quête de l’héroïne avance.

Nous y croisons aussi d’autres figures énigmatiques et esquissées avec grâce, les passants qui sont autant de messages pour Angéla, les fantômes du passé, les survivants et enfin, la relève.

Nous y voyons une multitude de baisers. Baisers désirés, souhaités, rêvés, fantasmés. Baisers imposés, refusés, convoités, ratés. Baisers de couple, d’adultes, de parents, de passants. L’injonction du titre revient comme un leitmotiv au fur et à mesure que les destins se font et se croisent. Le désir est partout présent dans le roman : il dicte la conduite des personnages, motive la plume de l’écrivain et tient en haleine le lecteur. Le désir est sublimé et élevé au rang d’art de vivre.

 

Extrait

Homosexuel ou hétérosexuel, l'important, c'est ce qui se passe dans le secret d'un lit, non? Et pourquoi faut-il que le sexe de la personne avec laquelle tu couches soit aussi important? C'est le plaisir, le rapport intime que tu crées avec cette personne qui compte, non? Quand on fait tomber les masques et qu'on avance toute nue...Cet affrontement, cette vérité dans l'affrontement, c'est ce que j'ai toujours aimé dans le sexe. On ne peut pas faire semblant. Et si on fait semblant, on perd tout. Tout le plaisir, tout l'éblouissement, tout le danger...
(...)
Elle insistait en me regardant de ses yeux noirs impitoyables qui ordonnaient ne mens pas, je t'ai reconnue, ne fais pas semblant...La force noire du sexe, la rage de deux corps qui se jettent l'un sur l'autre, la rage d'aller chercher au plus profond de soi la douleur, la douleur initiale, celle qui fait vibrer de plaisir, dangereux, qui fait renaître le trouble ancien, la douleur ancienne.
C'était la seule guerre qu'elle connaissait. C'était son ordre à elle, l'ordre trouble et fuyant de son désir. Il lui donnait toutes les insolences. Pendant un moment, elle crut dominer le monde de son désir.

-Ce moment magique dans la vie où tu as l'impression que tu peux renverser le monde rien qu'en étant exactement ce que tu es. Tu sens une force incroyable en toi et tu sais que cette force-là se résume, te représente, te porte en avant tout le temps. Et alors tu ne peux plus t'arrêter de vérifier la toute-puissance de ce désir. Tu multiplies les coups d'éclat pour prouver aux autres qui se compromettent, qui s'avilissent, qu'on peut faire autrement. Qu'on peut mener sa vie en respectant son désir...
Sans signer. Sans obéir

 

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 Katherine Pancol fait ici dialoguer son héroïne avec une star de cinéma déchue, Louise Brooks. Leurs échanges, qui surgissent du passé à chaque instant de crise, sont autant de respiration dans la narration et d’occasion d’analyser les moindres facettes du désir.

Survient alors dans le roman une part de réalité, un arrière-plan véritable qui fait revivre tout un pan de l’histoire du cinéma en suivant les aléas de la carrière de l’actrice au casque d’ébène.

 

 

Publié dans Chez les Franchies

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lasardine (la ronde des post-it) 10/03/2010 07:39


j'ai hâte de découvrir le troisième opus des "crocodiles-tortues"!
je note celui ci, mais pour l'instant pas tout en haut :)
merci en tout cas pour cet avis!


Anneso 08/03/2010 10:20


la valse lente des tortues et le yeux jaunes du crocodile


chezdjule.over-blog.com 08/03/2010 15:04


C'est par ces deux romans aussi que j'ai découvert Pancol. Le troisième volet sort en avril....


Anneso 07/03/2010 20:32


j"ai deux livres de cette auteure dans ma PAL, alors si j'accroche, pourquoi pas découvrir cet opus ?


chezdjule.over-blog.com 07/03/2010 22:08


Quels sont ces livres?


lounapil 07/03/2010 20:24


J'ai acheté Les yeux jaunes du croco d'occas. Pas encore lu mais tu m'en vais parlé. On verra bien. Bisous


chezdjule.over-blog.com 07/03/2010 22:08


Tu me diras ce que tu en penses (ou j'irai voir l'article que tu ne manqueras pas de faire sur ton blog!).


lili 07/03/2010 17:13


j'aime beaucoup Katherine Pancol et j'ai trouvé ce roman très touchant et différent de ce qu'elle écrit habituellement.


chezdjule.over-blog.com 07/03/2010 17:38


C'est aussi ce que j'ai ressenti. Ca m'a un peu dérouté au début du roman puis je me suis laissée prendre par l'émotion des personnages.