Eloge du gros

Publié le par chezdjule.over-blog.com

éloge du gros

J’avoue, je me suis faite attrapée par le titre racoleur et l’illustration non moins audacieuse de ce petit livre de Patrick Iratni.

Eloge du gros est présenté comme « l’histoire d’amour étrange entre un homme, une femme et.. d’un Frigidaire. Un hymne à la jouissance ».

 

Je m’attendais donc à un éloge de l’épicurisme, une louange de la volupté, une apologie de la bonne chère, un panégyrique des gourmands souvent décriés. J’en salivais d’avance pour rester dans la métaphore culinaire.

 

La mère rabelaisienne et plantureuse qui gave de mets aussi riches que raffinés un fils qui fantasme à la fois sur le contenu du frigidaire et du corsage maternel, une infirmière « désirablement grosse » qui se débat avec ses propres contradictions, une psychanalyse schizophrène qui s’entretient avec son propre double et enfin un Frigidaire énorme, rutilant, blanc immaculé, fascinant.

Il faut reconnaître que les personnages sont décris avec truculence et diablement bien incarnés.

L’histoire d’amour entre la belle Zelda et le Frigidaire de Thomas aurait pu être l’occasion d’un conte fantaisiste, d’une belle parabole sur les difficultés à résister à ses envies.

 

Mais je n’ai pas été saisie par cette intrigue à laquelle il manque un soupçon de profondeur. J’ai lu la deuxième moitié du roman en me demandant quel était l’intérêt de l’histoire. La relation entre Zelda et Thomas, se limitant à l’orgie culinaire et sexuelle, m’a parfois semblé d’une tristesse inutile.

 

Il manque à ce roman, dont la première moitié était pourtant prometteuse, un fond de poésie et un peu de profondeur.

Publié dans Chez les Franchies

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