Chaque femme est un roman... parait-il!

Publié le par chezdjule.over-blog.com

chaque femme est roman

 

Je découvre Alexandre Jardin, dont j’ai beaucoup entendu parlé et jamais lu un livre avec le troisième volet de son autobiographie commencée avec un roman dédié à son père Le Zulia et un opus ambitieux consacré à toute la famille intitulé sobrement (ou présomptueusement) Le Roman des Jardins.

 

C’est le titre de son nouveau volet, Chaque femme est un roman, qui m’a décidé dans les rayons de la FNAC au début des vacances. La quatrième de couverture était également prometteuse :

 

Parfois, il me semble que les femmes sont des tremplins vers le fabuleux. Ecrivaines pour la plupart non pratiquantes, elles produisent de la prose intérieure destinée à tromper leurs déceptions et à soigner leurs rêves. Changent-elles de métier, d’amant ou d’opinion ? C’est d’abord une césure, un rebond de style, un chapitre qui se tourne. Adressent-elles une   œillade à un passant ? C’est un best-seller qui débute. Depuis mon plus jeune âge, je sais que chaque femme est un roman. Voici en quelque sorte mes études littéraires, blondes et brunes.

 

La femme, dans toute sa complexité, est associée au registre littéraire et à la construction personnelle de l’écrivain. La femme, les femmes telles qu’Alexandre Jardin les décrie, sont des êtres lunaires, complexes, cyniques parfois, fantaisistes toujours, cruelles à l’occasion. Ces amazones modernes, ces aventurières de l’amour, ces mythomanes ou hystériques du quotidien semblent cristalliser toutes les obsessions et névroses de l’auteur. On comprend assez aisément qu’elles sont le fruit de la quête de la mère, vers qui l’auteur n’a de cesse de se retourner. Cette mère improbable qui revient, tel un leitmotiv obsédant, régulièrement dans le livre.



Je dois avouer qu’une fois la magie de l’idée passée, Alexandre Jardin m’a un peu agacée. Les portraits improbables qu’il dresse heurtent parfois notre raison et l’on peut se sentir pris en otage de l’imagination et des rêveries de l’auteur.

Un des derniers portraits laisse d’ailleurs largement la place au doute :

Mes souvenirs, mes zones de brouillard me paraissent douteux ; seuls mes romans sont fiables à mes yeux. Je n’accorde créance qu’à ce que je réinvente. […] Est-il sûr que chacune de ces femmes soient un roman ? Ne leur ai-je prêté à toutes le caractère de personnages alors qu’elles ne sont, je le crains, que de fragiles personnes ? Parfois, il me semble, que je n’ai jamais eu rendez-vous avec le réel.

 

Et c’est sans doute ainsi qu’il faut lire le livre pour l’apprécier. Ne pas chercher la part de réalité dans ces portraits, ne pas se demander si l’auteur est en train de nous mystifier, ne pas se poser la question de la vraisemblance et surtout, première erreur de lectrice que j’ai commise, ne pas lire ce livre comme un roman c'est-à-dire d’une traite, en enchaînant les portraits. Ce livre ne peut s’apprécier, à mon sens, que dans la fantaisie et l’acceptation de l’imaginaire.

Publié dans Chez les Franchies

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